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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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ACTE II, SCÈNE 1T.

430

SCÈNE IL

AGAMEMNON, IPHIGÉNIE, ÉRIPIIILE, DORIS.

IPHIGÉNIE.

Seigneur, oii courez-vous, et quels empressementsVous dérobent sitôt à nos embrassements?

A qui dois-je imputer cette fuite soudaine?

Mon respect a fait place aux transports de la reine;

Un moment à mon tour ne vous puis-je arrêter ?

Et ma joie à vos yeux n’ose-t-elle édater?

Ne puis-je....

AGAMEMNON.

Eli bien, ma fille, embrassez votre père;Il vous aime toujours.

IPHIGÉNIE.

Que cette amour m’est ebère !Quel plaisir de vous voir et de vous contemplerDans ce nouvel éclat dont je vous vois briller !

Quels honneurs! quel pouvoir! Déjà la renomméePar d’étonnants récits m’en avait informée :

Mais que, voyant de près ce spectacle charmant,

Je sens croître ma joie et mon étonnement!

Dieux ! avec quel amour la Grèce \ous révère!

Quel bonheur de me voir la fille d’un tel père!

AGAMEMNON.

Vous méritiez, ma fille, un père plus heureux.

IPHIGÉNIE.

Quelle félicité peut manquer à vos vœux ?

A de plus grands honneurs un roi peut-il prétendre?

J’ai cru n’avoir au ciel que des grâces à rendre.

AGAMEMNON , C part.

Grands dieux ! à son malheur dois-je la préparer?

Ii IHGÉNIE.

Vous vous cachez, seigneur, et semblez soupirer;

'fous vos regards sur moi ne tombent qu’avec peine :Avons-nous sans votre ordre abandonné Mycène?

AGAMEMNON.

Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux;

Mais les temps sont changés, aussi bien que les lieux :D’un soin cruel ma joie est ici combattue.