4à6
ÎPHIGÉNIC.
Hélas! il me semblait qu’une flamme si belleM’élevait au-dessus du sort d’une mortelle!
ACHILLE.
Ali ! si je vous suis cher, ma princesse, vivez!
SCÈNE VII.
CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ACHILLE, ÆG1NE.
CLYTEMNESTRE.
Tout est perdu, seigneur, si vous ne nous sauvez.Agamemnon m’évite, et, craignant mon visage,
Il me fait de l’autel refuser le passage :
Des gardes, que lui-même a pris soin de placer,
Nous ont de toutes parts défendu de passer.
11 me fuit. Ma douleur étonne son audace.
ACIULLE.
Eh bien, c’est donc à moi de prendre votre place.
11 me verra, madame; et je vais lui parler.
IPHIGÉNIE.
Ah madame !... Ah seigneur! où voulez-vous aller?
ACHILLE.
Et que prétend de moi votre injuste prière?
Vous faudra-t-il toujours combattre la première?
CLYTEMNESTRE.
Quel est votre dessein , ma fille?
IPHIGÉNIE.
Au nom des dieux ,Madame , retenez un amant furieux :
De ce triste entretien détournons les approches.Seigneur, trop d’amertume aigrirait vos reproches.
Je sais jusqu’où s’emporte un amant irrité;
Et mon père est jaloux de son autorité :
On ne connaît que trop la fierté des Atrides.
Laissez parler, seigneur, des bouches plus timides.Surpris, n’en doutez point, de mon retardement,Lui-même il me viendra chercher dans un moment :
Il entendra gémir une mère oppressée :
Et que ne pourra point m’inspirer la penséeDe prévenir les pleurs que vous verseriez tous,D’arrêter vos transports, et de vivre pour vous !