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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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IP1HGÉNJK.

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Quel est cet ennemi que tu leur vas livrer ?

Une mère m’attend ; une mère intrépide,

Qui défendra son sang contre un père homicide :

Je verrai mes soldats, moins barbares que moi ,Respecter dans ses bras la fille de leur roi.

Achille nous menace, Achille nous méprise :

Mais ma fille en est-elle à mes lois moins soumise ?

Ma fille, de l’autel cherchant à s’échapper,

Gémit-elle du coup dont je la veux frapper ?

Que dis-je? Que prétend mon sacrilège zèle?

Quels vœux, en l’immolant, formerai-je sur elle?Quelques prix glorieux qui me soient proposés,

Quels lauriers me plairont de son sang arrosés ?

Je veux fléchir des dieux la puissance suprême :

Ah! quels dieux me seraient plus cruels que moi-même?Non, je ne puis. Cédons au sang, à l’amitié,

Et ne rougissons plus d’une juste pitié :

Qu’elle vive... Mais quoi! peu jaloux de ma gloire,Dois-je au superbe Achille accorder la victoire?

Son téméraire orgueil, que je vais redoubler,

Croira que je lui cède, et qu’il m’a fait trembler...

De quel frivole soin mon esprit s’embarrasse !

Ne puis-je pas d’Achille humilier l’audace ?

Que ma fille à ses yeux soit un sujet d’ennui :

11 l’aime; elle vivra pour un autre que lui.

Eurybate, appelez la princesse, la reine.

Qu’elles ne craignent point.

SCÈNE IX.

AGAMEMNON, g.vhdks.

AGAMKHiSON.

Grands dieux ! si votre hainePersévéré à vouloir l’arracher de mes mains,

Que peuvent devant vous tous les faibles humains?

Loin de la secourir, mon amitié l'opprime ;

Je le sais : mais, grands dieux! une telle victimeVaut bien que, confirmant vos rigoureuses lois,

Vous me la demandiez une seconde fois.