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Quel est cet ennemi que tu leur vas livrer ?
Une mère m’attend ; une mère intrépide,
Qui défendra son sang contre un père homicide :
Je verrai mes soldats, moins barbares que moi ,Respecter dans ses bras la fille de leur roi.
Achille nous menace, Achille nous méprise :
Mais ma fille en est-elle à mes lois moins soumise ?
Ma fille, de l’autel cherchant à s’échapper,
Gémit-elle du coup dont je la veux frapper ?
Que dis-je? Que prétend mon sacrilège zèle?
Quels vœux, en l’immolant, formerai-je sur elle?Quelques prix glorieux qui me soient proposés,
Quels lauriers me plairont de son sang arrosés ?
Je veux fléchir des dieux la puissance suprême :
Ah! quels dieux me seraient plus cruels que moi-même?Non, je ne puis. Cédons au sang, à l’amitié,
Et ne rougissons plus d’une juste pitié :
Qu’elle vive... Mais quoi! peu jaloux de ma gloire,Dois-je au superbe Achille accorder la victoire?
Son téméraire orgueil, que je vais redoubler,
Croira que je lui cède, et qu’il m’a fait trembler...
De quel frivole soin mon esprit s’embarrasse !
Ne puis-je pas d’Achille humilier l’audace ?
Que ma fille à ses yeux soit un sujet d’ennui :
11 l’aime; elle vivra pour un autre que lui.
Eurybate, appelez la princesse, la reine.
Qu’elles ne craignent point.
SCÈNE IX.
AGAMEMNON, g.vhdks.
AGAMKHiSON.
Grands dieux ! si votre hainePersévéré à vouloir l’arracher de mes mains,
Que peuvent devant vous tous les faibles humains?
Loin de la secourir, mon amitié l'opprime ;
Je le sais : mais, grands dieux! une telle victimeVaut bien que, confirmant vos rigoureuses lois,
Vous me la demandiez une seconde fois.