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ACTE V, SCÈNE VI.
Le pins affreux péril n’a rien dont je pâlisse. tJ’irai partout.... Mais, dieux! ne vois-je pas Ulysse?C’est lui. Ma fille est morte! Areas, il .n’est plus temps!
SCÈNE VI.
ULYSSE, CLYTEMNESTRE, ARCAS , ÆG1NE , <:\iini;s.
' ULYSSE.
Non, votre fille vit, et les dieux sont contents.Rassurez-vous : le ciel a voulu vous la rendre.
CLYTEMNESTHE.
Elle vit ! et c’est vous qui venez me l’apprendre !
ULYSSE.
Oui, c’est moi, qui long-temps contre elle et contre vousAi cru devoir, madame, affermir votre époux;
Moi qui, jaloux tantôt de l’iionneur de nos armes,
Par d’austères conseils ai fait couler vos larmes ;
Et qui viens, puisqu’enlin le ciel est apaisé,
Réparer tout l’ennui que je vous ai causé.
CLYTEMNESTllE.
Ma fille! Ali prince! Oh ciel ! Je demeure éperdue.
Quel miracle, seigneur, quel dieu me l’a rendue ?
ULYSSE.
Tous m’en voyez moi-même, en cet heureux moment,Saisi d’horreur, de joie et de ravissement.
Jamais jour n’a paru si mortel à la Grèce.
Déjà de tout le camp la discorde maîtresseAvait sur tous les yeux mis son bandeau fatal,
Et donné du combat le funeste signal.
De ce spectacle affreux votre fille alarméeVoyait pour elle Achille, et contre elle l’armée :
Mais, quoique seul pour elle, Achille furieuxÉpouvantait l’armée, et partageait les dieux.
Déjà de traits en l’air s’élevait un nuage ;
Déjà coulait le sang, prémices du carnage :
Entre les deux partis Calèhas s’est avancé,
L'œil farouche, l’air sombre, et le poil hérissé,
Terrible, et plein du dieu qui l’agitait sans doute :
« Vous, Achille, a-t-il dit, et vous, Grecs, qu’on m’écoute.« Le dieu qui maintenant vous parle par ma voix« M’explique son oracle et m’instruit de son choix.