478
TPHIGÉNTE.
.< Un autre sang d’Hélène, une autre Iphigénie« Sur ce bord immolée y doit laisser sa vie.
« Thésée avec Hélène uni secrètement« Fit succéder l’hymen à son enlèvement :
« Une tille en sortit, que sa mère a célée ;
« Du nom d’Iphigénie elle fut appelée.
« Je vis moi-méme alors ce fruit de leurs amours :
« D’un sinistre avenir je menaçai ses jours.
« Sous un nom emprunté sa noire destinéeEt ses propres fureurs ici l’ont amenée.
« Elle me voit, m’entend; elle est devant vos yeux ;
« Et c’est elle , en un mot, que demandent les dien\. »Ainsi parle Calehas. Tout le camp immobileL’écoute avec frayeur, et regarde Ériphile.
Elle était à l’autel, et peut-être en son coeurDu fatal sacrifice accusait la lenteur.
Elle-même tantôt, d’une course subite,
Était venue aux Grecs annoncer votre fuite.
On admire en secret sa naissance et son sort.
Mais, puisque Troie enfin est'le prix de sa mort,'L’armée à haute voix se déclare contre elle,
Et prononce à Calehas sa sentence mortelle.
Déjà pour la saisir Calehas lève le bras.
« Arrête, a-t-elle dit, et ne m’approche pas.
« Le sang de ces héros dont tu me fais descendre« Sans tes profanes mains saura bien se répandre. »Furieuse elle vole, et sur l’autel prochainPrend le sacré couteau, le plonge dans son sein.
A peine son sang coule et fait rougir la terre,
Les dieux font sur l’autel entendre le tonnerre,
Les vents agitent l’air d’heureux frémissements,
Et la mer leur répond par ses mugissements ;
La rive au loin gémit, blanchissante d’écume;
La flamme du bûcher d’elle-même s’allume;
Le ciel brille d’éclairs, s’entr’ouvre, et parmi nousJette une sainte horreur qui nous rassure tous.
Le soldat étonné dit (pie dans une nueJusque sur le bûcher Diane est descendue,
Et croit que, s’élevant au travers de ses feux,
Elle portait au ciel notre encens et nos vœux.
Tout s’empresse, tout part. La seule Iphigénie