507
ACTE TTI, SCÈNE I.piiedre.
CEnone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse ;
Nourri dans les forêts, il en a la rudesse,llippolyte, endurci par de sauvages lois,
Entend parler d’amour pour la première fois :
Peut-être sa surprise a causé son silence,
Et nos plaintes peut-être ont trop de violence.
OENONE.
Songez qu’une barbare en son sein l’a formé.
PHÈDRE.
Quoique Scythe et barbare, elle a pourtant aimé.
OENONE.
Il a pour tout le sexe une haine fatale.
PHÈDRE.
Je ne me verrai point préférer de rivale.
Enfin tous tes conseils ne sont plus de saison :
Sers ma fureur, CEnone, et non point ma raison.
11 oppose à l’amour un cœur inaccessible :
Cherchons pour l’attaquer quelque endroit plus sensible.Les charmes d’un empire ont paru le toucher;
Athènes l’attirait, il n’a pu s’en cacher ;
Déjà de ses vaisseaux la pointe était tournée,
Et la voile flottait, aux vents abandonnée.
Va trouver de ma part ce jeune ambitieux,
Œnone; fais briller la couronne à ses yeux;
Qu’il mette sur son front le sacré diadème :
Je ne veux que l’honneur de l’attacher moi-même.Cédons-lui ce pouvoir que je ne puis garder.
Il instruira mon fds dans l’art de commander ;
Peut-être il voudra bien lui tenir lieu de père :
Je mets sous son pouvoir et le. fds et la mère.
Pour le fléchir enfin tente tous les moyens;
Tes discours trouveront plus d’accès que les miens;Presse, pleure, gémis; peins-lui Phèdre mourante;
Ne rougis point de prendre une voix suppliante :
Je t’avouerai de tout ; je n’espère qu’en toi.
Va : j’attends ton retour pour disposer de moi.