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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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PHÈDRE.

Projet audacieux ! détestable pensée !

Pour parvenir au but de ses noires amours,

L’insolent de la force empruntait le secours!

J’ai reconnu le fer, instrument de salage,

Ce fer dont je l’armai pour un plus noble usage.

Tous les liens du sang n’ont pu le retenir ! •

Et Phèdre différait à le faire punir!

Le silence de Phèdre épargnait le coupable!

OK.NO.NE.

Phèdre épargnait toujours un père déplorable.Honteuse du dessein d’un amant furieux ,

Et du feu criminel qu’il a pris dans ses yeux ,

Phèdre mourait, seigneur, et sa main meurtrièreEteignait de ses yeux l’innocente lumière.

.J’ai vu lever le bras, j’ai couru la sauver :

Moi seule à votre amour j’ai su la conserver ;

Et, plaignant à la fois son trouble et vos alarmes,

J’ai servi malgré moi d’interprète à ses larmes.

THÉSÉE.

Le perfide! il n’a pu s’empêcher de pâlir :

De crainte, en m’abordant, je l’ai vu tressaillir.

Je me suis étonné de son peu d’allégresse;

Ses froids embrasseihents ont glacé ma tendresse.

Mais ce coupable amour dont il est dévoréDans Athènes déjà s’était-il déclaré?

OENONE.

Seigneur, souvenez-vous des plaintes de la reine.

Un amour criminel causa toute sa haine.

THÉSÉE.

Et ce feu dans Trézène a donc recommencé !

OENONE.

Je vous ai dit, seigneur, tout ce qui s’est passé.

C’est trop laisser la reine à sa douleur mortelle ;Souffrez que je vous quitte, et me range auprès d’elle.

SCÈNE II.

THÉSÉE, HIPPOLYTE.

THÉSÉE.

Ah ! le voici Grands dieux ! à ce noble maintienQuel mil ne serait pas trompé comme le mien?

Faut-il <pie sur le front d'un profane adultère