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ACTE IV, SCENE 11 . *
Jïiillc do la \ertu le sacré caractère!
Et ne devrait-on pas à des signes' certainsReconnaître le cœur des perfides humains !
HIPPOLYTE.
Puis-je vous demander quel funeste nuage,
Seigneur, a pu troubler votre auguste visage?N’osez-vous confier ce secret à ma foi?
THÉSÉE.
Perfide! oses-tu bien te montrer devant moi?Monstre, qu’a trop long-temps épargné le tonnerre,Reste impur des brigands dont j’ai purgé la terre!Après que le transport d’un amour plein d’horreurJusqu’au lit de ton père a porté ta* fureur,
Tu m’oses présenter une tète ennemie!
Tu parais dans des lieux pleins de ton infamie!
Et 11e vas pas chercher, sous un ciel inconnu ,
Des pays où mon nom 11e soit point parvenu!
Fuis, traître. Ne viens point braver ici.ma haine,
Et tenter un courroux que je retiens à peine :
C’est bien assez pour moi de l’opprobre éternelD’avoir.pu mettre au jour un fils si criminel,
Sans que ta mort encor, honteuse à ma mémoire,
De mes nobles travaux vienne souiller la gloire.
Fuis : et, si tu ne veux qu’un châtiment soudainT’ajoute aux scélérats qu’a punis cette main,
Prends garde que jamais l’astre qui nous éclaireNe te voie en ces lieux mettre un pied téméraire.Fuis, dis-je; et, sans retour précipitant tes pas,
De ton horrible aspect purge tous mes États.
Et toi, Neptune , et toi, si jadis mon courageD’infâmes assassins nettoya ton rivage,
Souviens-toi que, pour prix de mes efforts heureux,Tu promis d’exaucer le premier de mes vœux.
Dans les longues rigueurs d’une prison cruelleJe 11’ai point imploré ta puissance immortelle;
Avare du secours que j’attends de tes soins,
Mes voeux t’ont réservé' pour de plus grands besoins :Je t’implore aujourd’hui. Venge un malheureux père :J’abandonne ce traître à toute ta colère;
Étouffe dans son sang ses désirs effrontés.
Thésée à tes fureurs connaîtra tes bontés.