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ACTE IV, SCÈNE V.
THÉSÉE.
Non, madame, on mon sang ma main n’a point trempé;Mais l’ingrat toutefois no m’ost point échappé :
Une immortelle main de sa perte est chargée,
Neptune me la doit; et vous serez vengée.
OHÈï)l!E.
Neptune vous la doit! Quoi! vos vœux irrités...
THÉSÉE.
Quoi! craignez-vous déjà qu’ils ne soient écoutés?Joignez-vous bien plutôt à mes vœux légitimes :
Dans toute leur noirceur retracez-moi ses crimes;Échauffez mes transports trop lents, trop retenus.
Tous ses crimes encor ne vous sont pas connus :
Sa fureur contre vous se répand on injures;
Votre bouche, dit-il, est pleine d’impostures;
Il soutient qu’Aricie a son cœur, a sa foi,
Qu’il l’aime.
MiÈmiE.
Quoi, seigneur !
THÉSÉE.
Il Ta dit devant moi.
Mais je sais rejeter un frivole artifice.
Espérons de Neptune une prompte justice :
Je vais moi-méme encor au pied de ses autelsLe presser d’accomplir ses serments immortels.
SCÈNE V.
PHÈDRE.
11 sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille !
Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille !
Quel coup de foudre, oh ciel! et quel funeste a\is!
Je volais tout entière au secours de son fils;
Et, m’arrachant des bras d’OEnone épouvantée,
Je cédais aux remords dont j’étais tourmentée.
Qui sait même où m’allait porter ce repentir?.
Peut-être à m’accuser j’aurais pu consentir;
Peut-être, si la voix ne m’eût été coupée,
L’affreuse vérité me serait échappée.
Hippolvte est sensible, et ne sent rien pour moi!
Aricie a son cœur! Aricie a sa foi!