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ACTE V, SCÈNE I.
Du reste (les mortels je vivrais oubliée !
Mais, n’étant point unis par un lien si doux ,
Me puis-je avec honneur dérober avec vousJe sais que, sans blesser l’honneur le plus sévère,
Je me puis affranchir des mains de votre père :
Ce n’est point m’arracher du sein de mes parents;
Et la fuite est permise à qui fuit ses tyrans.
Mais vous m’aimez, seigneur; et ma gloire alarmée...
IIH'POLÏTE.
Non, non; j’ai trop de soin de votre renommée :lin plus noble dessein m’amène devant vous,l’uyez vos ennemis, et suivez votre époux.
Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l’ordonne,Le don de notre foi ne dépend d<4 personne :
L’hymen n’est point toujours entouré de flambeaux.Aux portes de Trézène, et parmi ces tombeaux,
Des princes de ma race antiques sépultures,
Est un temple sacré, formidable aux parjures:
C’est là que les mortels n’osent jurer en vain;
Le perfide y reçoit un châtiment soudain ;
Et, craignant d’y trouver la mort inévitable,
•Le mensonge n’a point de frein plus redoutable.
Là, si vous m’en croyez, d’un amour éternelNous irons confirmer le serment solennel.
Nous prendrons à témoin le dieu qu’on y révère :Nous le prierons tous deux de nous servir de père.
Des dieux les plus sacrés j’attesterai le nom,
Et la chaste Diane, et l’auguste Junon;
Et tous les dieux enfin , témoins de mes tendresses,Garantiront la foi de mes saintes promesses.
AKICIE.
Le roi vient. Fuyez, prince, et partez promptement :Pour cacher mon départ je demeure un moment.Allez; et laissez-moi quelque fidèle guide’
Qui conduise vers vous ma démarche timide.