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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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ACTE T, SCÈNE V.

SCÈNE Y.

Toute cette scène est chantée.

LE CHŒUR.

USE ISRAÉLITE, Seule.

Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes;A nos sanglots donnons un libre cours :Levons les yeux vers les saintes montagnesD’où l’innocence attend tout son secours.

O mortelles alarmes !

Tout Israël périt. Pleurez, mes tristes yeux :

11 ne fut jamais sous les cieuxUn si juste sujet de larmes.

TOUT LE CHOEUR.

O mortelles alarmes!

UNE AUTRE ISRAÉLITE.

N’était-ce pas assez qu’un vainqueur odieuxDe l’auguste Sion eût détruit tous les charmes,Et traîné ses enfants captifs en mille lieux ?

TOUT LE CHOEUR.

O mortelles alarmes !

LA MÊME ISRAÉLITE.

Faibles agneaux livrés à des loups furieux,

• Nos soupirs sont nos seules armes.

TOUT LE CHOEUR.

O mortelles alarmes !

UNE ISRAÉLITE.

Arrachons, déchirons tous ces vains ornementsQui parent notre tète.

UNE AUTRE.

Revôtons-nous d’habillementsConformes à l’horrible fêteQue l’impie Aman nous apprête.

TOUT LE CHOEUR.

Arrachons, déchirons tous ces vains ornementsQui parent notre tête.

UNE ISRAÉLITE.

Quel carnage de toutes parts !

On égorge à la fois les enfants, les vieillards,