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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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ESTIIER.

Je vois qu’en m’écoutant vos yeux au ciel s’adressent.Parlez : de vos désirs le succès est certain,

Si ce succès dépend d’une mortelle main.

rSTfN.lt.

O bonté qui m’assure autant qu’elle m'honore !

Un intérêt pressant veut que je vous implore :

J'attends ou mon malheur ou ma félicité ;

Et tout dépend, seigneur, de votre volonté.

Un mot de votre bouche, en terminant mes peines,

Peut rendre Esther heureuse entre toutes les reines.

ASSUÉRUS.

Ah ! que vous enflammez mon désir curieux !

ESTIIER.

Seigneur, si j’ai trouvé grâce devant vos yeux,

Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable,

Permettez, avant tout, qu’Esther puisse à sa tableRecevoir aujourd’hui son souverain seigneur,

Et qu’Aman soit admis à cet excès d’honneur.

J’oserai devant lui rompre ce grand silence;

' Et j’ai pour m’expliquer besoin de sa présence.

ASSUÉRUS.

Dans quelle inquiétude, Esther, vous me jetez !

Toutefois, qu’il soit fait comme vous souhaitez.

A ceux de sa suite.

Vous, que l’on cherche Aman; et qu’on lui fasse entendreQu’invité chez la reine il ait soin de s’v rendre.

scène: viii.

ASSUÉRUS, ESTIIER, ÉLISE, TIIAMAR, IÏYDASPE,UNE PARTIE DU CHŒUR.

IÏYDASPE.

Les savants chaldéens, par votre ordre appelés,

Dans cet appaitement, seigneur, sont assemblés.

ASSUÉRUS.

Princesse, un songe étrange occupe ma pensée : <

Vous-même en leur réponse êtes intéressée.

Venez, derrière un voile écoutant leurs discours,

De vos propres clartés me prêter le secours.

Je crains pour vous, pour moi, quelque ennemi perfide.