Buch 
Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
Entstehung
Seite
601
JPEG-Download
 

601

ACTE II, SCÈNE VI.

Un songe, un faible entant, que votre œil prévenuPeut-être sans raison croit avoir reconnu.

a muai;.

Je le veux.croire, Abner, je puis m’être trompée*:Peut-être un songe vain m’a trop préoccupée.

Eh bien, il faut revoir cet'enfant de plus près;

Il en faut à loisir examiner les traits. • *

Qu’on les fasse tous deux paraître en ma présence.

• ABNER.

Je crains....

ATHALIE.

* Manquerait-on pour moi de complaisance ?

l)e ce refus bizarre où seraient les raisons ?

11 pourrait me jeter en d’étranges soupçons.

Que Josabçt, vous dis-je, ou Joad les amène.

Je puis, quand je voudrai, parler en souveraine.

Vos prêtres, je veux bien, Abner, vous l’avouer,

Des bontés d’Athalie ont lieu de se louer.

Je sais, sur ma conduite et contre ma puissance,Jusqu’où de leurs discours ils portent la licence :

Us vivent cependant, et leur temple est debout.

Mais je sens que bientôt ma douceur est à bout,

Que Joad mette un frein à son zèle sauvage,

Et ne m’irrite point par un second outrage.

Allez.

SCÈNE VI.

ATHALIE, MATHAN, suite o’atiiaue.

MATHAN.

Enfin je puis parler en liberté ;

Je puis dans tout son jour mettre la vérité. .

Quelque monstre naissant dans ce temple s’élève,

Peine'; n’attendez pas que le nuage crève.

Abner chez le grand-prêtre a devancé le jour :

Pour le sang de ses rois vous savez son amour.

Et qui sait si Joad ne veut point en leur placeSubstituer l’enfant dont le ciel vous menace,

Soit son fils, soit quelque autre?

ATHALIE.

Oui, vous m’ouvrez les veux,ô 1