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ACTE III, SCÈNE 111.
Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras,Voudront-ils que leur temple enseveli sous l’herbe...
MATI1 AN.
Ab ! de tous les mortels connais le plus superbe.
Plutôt que dans mes mains par Joad soit livréUn enfant qu’à son Dieu Joad a consacré,
Tu lui verras subir la mort la plus terrible.
D’ailleurs pour cet enfant leur attache est visible.
Si j’ai bien de la reine entendu le récit,
Joad sur sa naissance en sait plus qu’il ne dit.
Quel qu’il soit, je prévois qu’il leur sera funeste :
Ils le refuseront. Je prends sur moi le reste;
Et j’espère qu’enfm de ce temple odieuxEt la flamme et le fer vont délivrer mes yeux.
AAP.AI..
Qui peut vous inspirer une haine si forte ?
Est-ce que de ilaal le zèle vous transporte?
Pour moi, vous le savez, descendu d’ismaël,
Je ne sers ni Baal ni le Dieu d'Israël.
MATIIAN.
Ami, peux-tu penser que d’un zèle frivoleJe me laisse aveugler pour une vaine idole,
Pour un fragile bois, que malgré mon secoursLes vers sur son autel consument tous les jours?
Né ministre du dieu qu’en ce temple on adore,Peut-être que Mathau le servirait encore,
Si l’amour des grandeurs, la soif de commander,
Avec son joug étroit pouvaient s’accommoder.
Qu’est-il besoin, Nabal, qu’à tes yeux je rappelleDe Joad et de moi la fameuse querelle,
Quand j’osai contre lui disputer l’encensoir;
Mes brigues, mes combats, mes pleurs, mon désespoir?Vaincu par lui, j’entrai dans une autre carrière,
Et mon âme à la cour s’attacha tout entière.
J’approchai par degrés de l’oreille des rois;
Et bientôt en oracle on érigea ma voix.
J’étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices,
Je leur semai de fleurs le bord des précipices :
Près de leurs passions rien ne me fut sacré;
De mesure et de poids je changeais à leur gré.
Autant que de Joad l’inflexible rudesse
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