M, ballanche.
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d'une société littéraire de très-jeunes gens, dontMM. Dugas-Montbel et Ampère faisaient partie. CamilleJordan, sitôt célèbre, et qu’atteignirent les événementsde fructidor, bien que l’aîné de M, Ballanche, était dèslors son ami. Cette âme ardente, dévouée, religieuse,de Camille, avait deviné les trésors de l’autre âme sousl’enveloppe obscure (1).
Dans la Vision d’Hèbal, de ce jeune Écossais que jecrois être tout à fait à M. Ballanche ce qu ’Oberman,Adolphe et René sont à leurs auteurs, il est dit : « Versl’âge de vingt et un ans, sa santé se raffermit.... Il nelui resta plus, pendant quelques années, qu’un ébran-lement de nerfs et une sensibilité très-facile à émou-voir. Les notions qu’il s’était faites du temps et de l’es-pace subsistaient; ses méditations sur l’homme collectifavaient la même suite et la même intensité.... On lecroyait distrait lorsqu’il était occupé à gravir les hau-teurs de la pensée, à descendre dans les abîmes desorigines, etc. » Dans ce porti'ait idéal, tracé à distanceet au point de vue des années condensées, il ne fau-drait pas chercher un renseignement biographiqueprécis. Il se passa entre l’affermissement de la santédu véritable Hébal et son éclosion philosophique quinzeannées d’études, de rêveries, d’affections, une longuephase individuelle, depuis le livre du Sentiment jus-qu’au poëme d’Antigone qui est à la limite et qui com
(1) Sur la liaison avec M. Ampère, de laquelle je parle trop peuici, il faut voir l’article que j’ai consacré à M. Ampère lui-même,au tome I er des Portraits littéraires : on y trouvera des lettres ir-téres^antes de M. Ballanche.