M. B A PLANCHE.
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qu’à l’extérieur et par l’écorce, ayant, dédaigné d’en-foncer ses racines dans la vraie terre. M. Ballanche lesavait bien. Aussi la conviait-il incessamment, cetterace antique, à s’identifier avec les destinées de la na-tion, afin de représenter exactement le principe social,comme c’est le propre et la condition de toute dynastielégitime. 11 croyait que la Restauration pouvait et de-vait être l’incarnation politique et civile du Christia-nisme; l’instrument bourbonien lui paraissait nécessaireà son idée, bien qu’il le sentît rebelle ; simple erreurde moyen et de circonstance! Dans l’effervescence dela réaction qui suivit la mort du duc de Berry, il ter-minait son élégie commémorative en s’écriant : « Dy-nastie glorieuse, illustre maison, hâtez-vous de vousidentifier avec nos destinées qui vous réclament; hâtez-vous, car il est de la nature de nos destinées d’êtreimmortelles! » Après le 8 août 1829 (1), il écrivait :« Maintenant, tournons nos regards vers le trône deCharles X, et conjurons le roi qui jura la Charte defaire enfin cesser la perturbation du 8 août. Nullepuissance ne serait en état de résoudre le problèmeposé ce jour-là. Il faut anéantir la pensée de ce journéfaste; car cette pensée n’eut ni cause, ni motif; ellefut une pensée stérile, incapable d’arriver à l’acte. »Quand toutefois l’absurdité s’obstina et que la foudrepopulaire se mêla du problème, M. Ballanche était pré-paré et détaché. Il fut de ceux qui, sans la désirer nila faire, comprirent et admirent la révolution de Juillet
1) Date de l'avènement du ministère Delignac.