M. ALFRED DE MDSSET.
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d’autres passages où l’auteur ne l’a pas évité. Il y esttombé tout d’abord, ce me semble, dans le premierchapitre, où le technique des expressions chirurgicalesrepousse et trompe même le lecteur : le reste de l’ou-vrage, en effet, ne répond pas exactement à cette pré-face. Si l’auteur avait écrit ce premier chapitre (commeil convient aux préfaces) en dernier lieu et après sonlivre achevé, nul doute qu’il ne l’eût écrit tout diffé-remment. L’auteur, en avançant dans son récit, a faitmaintes fois autre chose que ce qu’il avait projetéd’abord ; la débauche y tient moins de place que dansle projet primitif, j’imagine. Le second volume, parti-culièrement, en est tout à fait purgé. Mais ceci tient àun défaut de composition et à quelque chose de succes-sif dans la manière de faire de M. de Musset, sur quoije reviendrai.
Pour en finir avec mon premier reproche, je regrettede trouver en un certain nombre d’endroits, surtout dupremier volume, les noms de Providence, de Dieu,d’ange, etc., inconsidérément mêlés à des images quele panthéisme de l’antique et monstrueux Orient y aseul osé associer. A la page 152 du premier volume,pourquoi cette phrase qui doit choquer même l’incré-dule, au moins comme une grave inconvenance? D’où'vient cette soif dévorante de métaphores qui ne s’ar-rête pas au calice sacré? M. de Musset a l’imaginationsi naturellement riche et pleine de fleurs, qu’il estplus impardonnable qu’un autre dans ces excès.
Là où M. de Musset excelle, et là où nous le retrou-vons avec tout son charme et son avantage, c’est dans