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Portraits contemporains / par C.-A. Sainte-Beuve
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PAUL HUET.

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ou de ruines, la nature surmontée dun ciel haut, pro-fond et chargé daccidents, voilà le paysage commelentend M. Huet; et son exécution répond à cette pen-sée. De larges teintes, une plénitude de ton qui pousseà limpression de lensemble, des ondées de lumière etdombre, des. nuances uniques dans lépaisseur desfeuillages et dans la profondeur des lointains, nuancesdevinées et pressenlies, quun œil vulgaire ne discer-nerait pas dans la nature, qui ne se révèlent quà laprunelle humide de larmes, et qui nops plongent ende longues et ineffables rêveries durant lesquelles nousnous mêlons à lâme du monde. Hoffmann, en sonadmirable conte de lÉglise des Jésuites, à lendroitle peintre Berthold, ce pauvre génie incomplet, sépuisedans ses paysages à copier textuellement la nature, in-troduit à son côté un petit Maltais ironique, espèce deMéphistophélès de lart, qui lui frappe sur lépaule etlui donne de merveilleux conseils : on dirait queM. Huet en a profité davance; dans sa manière den-visager et de peindre la nature, il serait tombé tout àfait daccord avec Hoffmann et avec le petit Maltais;voici le passage : « Saisir la nature dans lexpression<( la plus profonde, dans le sens le plus intime, dans« cette pensée qui élève 7 tous les êtres vers une vie« plus sublime, cest la sainte missioh de tous les arts.« Une simple et exacte copie de la nature peut-elle« conduire à ce but? Quune inscription dans une« langue étrangère, copiée par un scribe qui ne la« comprend pas et qui a laborieusement imité les ca-« ractères inintelligibles pour lui, est misérable, gauche