M. LOUIS DE CARNÉ.
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des journalistes ou orateurs libéraux, les expressionsde vulgaire, de médiocre, et autres duretés rapetissantes,tombent volontiers sur des noms qui, rencontrés enleur lieu, méritent plutôt des témoignages d’estime, etles recherches délicates de la louange vont particuliè-rement chercher des hommes ou des ouvrages d’uneportée assez contestable, comme lorsque M. de Carnévante beaucoup trop, selon nous, cette Histoire derEocpèdilion d'Espagne, par M. de Martignac. Il est unpersonnage surtout, depuis cinquante ans, vénérableaux amis de la liberté, et que M. de Carné n’abordejamais qu’avec une sorte d’ironie méprisante qui siedmal à une intelligence si grave, si morale, et si faitepour honorer tant de constance dans une grande cause.Comme M. de La Fayette pour nous n’est pas un deces hommes qu’on discute ni qu’on justifie, nous cite-rons simplement à M. de Carné, pour réfuter son dé-dain, ces deux versets d’un chant tout récent du poètepolonais Miçkiewicz : « Et les peuples se corrompaient« de plus en plus, et il ne se trouva plus parmi eux« qu’un seul homme citoyen et soldat. —Et cet homme« conseillait de cesser de combattre pour l’intérêt, et« de défendre la liberté du prochain; et il est allé lui-« même combattre pour elle dans la terre de la liberté,« en Amérique. Cet homme s’appelle La Fayette, et il« est le dernier des anciens hommes de l’Europe en« qui vit encore l’esprit de sacrifice, débris de l’esprit« chrétien. »
Dans le livre de M. de Carné, bien que le fond et letissu en soient véritablement historiques et politiques,