208 PORTRAITS CONTEMPORAINS,
l’idée religieuse domine et rabat souvent les autresconsidérations à un ordre tout secondaire. « Plus les« événements marcheront, dit-il, et mieux on com-ti prendra que la question purement politique perd« chaque jour de son importance, qu’elle s’amoindrit à« vue d’œil, à mesure que se dessine et grandit la« question de la régénération morale. » L’auteur s’estattaché surtout à démontrer que la réforme de 89 futchrétienne dans son principe, bien qu’elle ne dût mal-heureusement s’accomplir qu’à travers une apostasie, aumoins temporaire, du dogme religieux. Ses vues à cesujet concordent entièrement avec celles que M. de La-martine avait émises, il y a deux ans, dans sa brochureintitulée de la Politique rationnelle. Cet ordre de consi-dérations générales, sur lequel la critique a peu deprise, parce qu’à cette hauteur, du moment qu’ellen’accepte pas l’élément mystérieux qui dirige, elle n’aplus qu’à tenir terre et à se déclarer incompétente ;cette réduction du problème politique de la société auproblème religieux et moral, cet effort et ce retour versun même but par un côté réputé supérieur, sont de-venus assez familiers dans ces derniers temps à beau-coup d’esprits ardents, élevés; et, pourvu que l’indiffé-rence politique et une sorte de quiétisme transcendantn’en résultentpasdanslapratiqueetlesluttes du citoyen,il n’y a rien à redire à cette manière de coordonner etd’étager les questions. Si les solutions générales du pro-blème religieux faisaient naître, comme corollaires, dessolutions politiques opposées à celles qui ressortent dufait social réel et de l’observation immédiate et sensée,