DES
MÉMOIRES DE MIRABEAU
LT DE L’ÉTUDE DE M. VICTOR HUGO
A CE SUJET.
1834 .
Ce qu’il y a d’excellent surtout, selon moi, auxvrais mémoires des vrais grands hommes, c’est quedéjà connus par leurs œuvres publiques, par des actesou des productions hors de ligne et qui resteraient desfruits un peu mystérieux pour le gros du genre humain,ces hommes nous apparaissent dans leurs mémoires parleur lien réel avec la nature de tous. On avait leurcime, on jouissait de leur ombre, on recevait les fruitstombés des altiers rameaux; mais l’arbre sacré étaitde l’autre côté du mur, dans un verger plus ou moinsinconnu, et dont la superstition pouvait faire un Édenprivilégié. La connaissance des vrais mémoires d’ungrand homme, c’est la chute de ce mur de séparation,c’est la vue du héros, de l’orateur, du poêle, non plusdans son unité apparente et glorieuse, mais dans son