34
RUPTURE DE LA CONFÉDÉRATION
Confédérés avait seule mis un terme aux hostilités,encore les Grisons n’avaient-ils obtenu qu’au prixd’une forte rançon la liberté de leurs captifs. (1526.)
Déjà cependant la guerre recommençait en Valte-line. Non-seulement Médici méditait la conquête decette province, mais ayant réuni des sommes considé-rables, acquis le comté de Lecco, et pris à sa soldeneuf cents Espagnols, il avait formé le projet de placersur le siège épiscopal de Coire son frère, Jean Médici,qui dans la suite fut pape sous le nom de Pie IV. Ilespérait, par ce moyen, abaisser les Grisons et ruinerchez eux la réforme. Une circonstance secondait sonplan. Un seigneur tyrolien, Dietrich de Hohenems,devait épouser la sœur des Médici. On convint qu’ilviendrait au-devant d’elle à Coire; que, de part etd’autre, on y arriverait avec un cortège d’hommesd’armes; les frontières étant voisines, le reste devaits’accomplir sans peine.
Mais tandis que les neiges couvraient encore lesAlpes, un bruit de trahison se répandit dans Coire ; etle principal agent des Médici dans cette ville, l’abbéde Sainte-Luce, ayant été arrêté, il fut contraint parla torture à tout avouer, et mis à mort. La jeune Ita-lienne ne put être conduite à son époux que plus tard,avec un cortège plus modeste, et comme, cette fois,elle prit sa route à travers le canton de Schwitz, desdéputés des cinq cantons l’escortèrent, sous prétextede lui rendre honneur. Arrivés à Feldkirch, ces en-voyés s’ouvrirent sur le but de leur voyage, qui étaitde demander au roi Ferdinand d’Autriche de s’allieravec les Suisses de la vieille foi. Ils furent accueillis.