GUERRE ET PAIX DE 1531
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répandirent en désordre sur les collines, livrés la plu-part au vin et au sommeil. Tout à coup 600 catholiques,qui avaient mis, pour se reconnaître, leurs chemisessur leurs habits, s’élancèrent d’une forêt de pins, enpoussant des cris effroyables. La résistance fut courteet sans ensemble. Tout se débanda. Les uns, fuyantdans une contrée qu’ils ne connaissaient pas, tombè-rent dans des précipices; d’autres furent massacréspar les paysans furieux, un grand nombre furent faitsprisonniers. Telles furent les suites de l’indiscipline etd’un fol orgueil. (24 octobre 1531.)
Une défaite aussi honteuse fut décisive. Tous lesliens de la discipline s’étaient relâchés ; les miliciensabandonnaient leurs drapeaux, les chefs conseillaientla paix. L’épouvante répandue par une brusque incur-sion des catholiques dans les campagnes zuricoisesacheva de la rendre nécessaire. Zurich se soumit lepremier à laisser les cinq cantons en la pleine posses-sion « de la véritable foi chrétienne. » Les catholiqueslaissaient, de leur côté, Zurich et ses alliés libres dansleurs croyances. Berne, à son tour, accepta ces con-ditions. La convention de 1529 et la ligue de la com-bourgeoisie chrétienne furent annulées. Bâle et Schaff-house durent acheter la paix, au prix de 1000 couronnes,Saint-Gall de 600, Mulhouse de 400. L’abbé de Saint-Gall rentra en possession de tout ce qu’il avait perdu,et reçut des villes de Saint-Gall ét de Zurich 10000florins d’indemnité. Uznach et le Gaster furent châtiéssévèrement; ils perdirent leurs libertés et leur ban-nière nationale. Bremgarten, Mellingen et Rappersch-wyl, qui venait d’embrasser la réforme, subirent un