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donc, après de graves périls, de faire entendre leurvoix, même alors que la réforme eut perdu de sonélan, et que la victoire de ses adversaires l’eut réduitepour longtemps à renoncer à son rôle missionnaire.
VI
Les pays romands. Genève.
1508 à 1530.
Un pauvre gentilhomme savoisien, du nom de DuFour (De Furno), se présenta dans le cours de l’an1508 devant le Conseil de Berne, accompagné de dé-putés de Fribourg. Il disait avoir été secrétaire du ducCharles I er de Savoie, mort il y avait dix-huit ans, etsavait que ce prince, dans son amitié pour les deuxvilles, leur faisait par son testament un legs, à Bernede 200000 florins, à Fribourg de 150 000. (Reces III, n,pag. 428.) Bien mieux, il avait en sa possession cetacte testamentaire, prêt à s’en dessaisir contre hon-nête récompense. On prit ce qu’il présenta, et sanstrop s’enquérir de l’authenticité du document, les deuxétats réclamèrent le legs, ou bonne hypothèque. Vai-nement le duc se fit fort de prouver la fausseté de ladonation; déjà de belliqueux aventuriers prenaient lesarmes, pour enlever par la force ce que Charles III,qui venait de monter sur le trône ducal de Savoie,tardait à livrer. Le prince infortuné, dont les revenusétaient absorbés par les droits de quatre princessesdouairières, obtint à grand’peine la réduction à 125000florins de la somme exigée. C’en fut assez pour encou-