LES PAYS ROMANDS. GENÈVE
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vait se terminer en trois semaines, devant les arbitres,vallaisans ou neuchâtelois, qu’il leur plairait d’élire. Sixmains seulement se levèrent pour repousser le traité.L’évêque Pierre de la Baume, de la maison des Mont-revel de Bourgogne, dominé par l’ascendant de Besan-çon Hugues, sanctionna lui-même la révolution paci-fique qui venait de s’accomplir. Genève était conquiseà la Suisse et à la liberté.
Elle n’en demeurait pas moins environnée de périls.Les Mammelus, qui s’étaient enfuis à leur tour, sou-levaient contre elle les populations voisines. Au de-dans, tous voulaient commander. Les syndics, devenuschefs d’un état, de simples magistrats de police qu’ilsétaient, n’avaient qu’une autorité faible et empruntée.Comment gouverner le mouvement? Il existait dansGenève une institution, connue sous le nom d 'Abbayedes fous; l’abbé qui la présidait avait pour office depourvoir aux jeux; on conçut la pensée d’anoblir cettecharge en nommant pour la remplir l’homme qui avaitla confiance de tous; on créa l’abbé capitaine généralde la république et, sous un double titre, on donna àBesançon Hugues le soin dangereux de défendre laville et d’y faire régner l’ordre et la modération. Fai-sant servir au salut de la cité la fièvre qui la dévorait,il se mit à la tête du peuple et courut travailler le pre-mier à la construction de remparts. Electrisés par sagrande âme, et sachant qu’ils avaient pour amis tousceux de la liberté, les Genevois lui vinrent en aide dela bourse et des bras. En même temps, le gouverne-ment s’organisa. Un Conseil des Deux-Cents fut créé,à l’exemple des villes suisses. Les citoyens convin-