LES PAYS ROMANDS. GENÈVE
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de Lausanne, fut surpris et jeté captif dans Chillon.Vainement les conférences succédèrent aux confé-rences; vainement Berne, Fribourg, Zurich, Bâle etSoleure invitèrent les Genevois à se départir de labourgeoisie et à traiter avec Charles III. « Plutôt mou-rir, répondirent-ils, que de renoncer à l’alliance. »Ainsi se passa un an tout entier. Enfin les enfants dela noblesse, las de ronger leur frein, le secouèrent,rassemblèrent leurs gens et se précipitèrent sur Ge-nève. (1529.)
Les Confédérés ne purent se résoudre à laisser cetteville tomber aux mains de Charles III. Bernois, Fribour-geois et Soleurois se mirent en marche, au nombre de14000, la grande bannière au vent. Leur approche suffità disperser les gentilshommes et les essaims d’aventu-riers et de valets dont ils s’imaginaient avoir fait une ar-mée. Les Suisses s’avancèrent, faisant la guerre de lamanière cruelle usitée en ce siècle. Les Bernois, quivenaient « d’échanger la messe contre le sermon, »insultaient aux images et portaient le ravage dans lescouvents. De Genève, on reconnaissait leur approcheau progrès des flammes qui dévoraient les châteaux.Arrivés au terme, ils s’assirent dans une ville épuisée,attendant d’avoir reçu 15000 écus d’or, demandéspour frais de la campagne, et de savoir le résultat deconférences ouvertes avec Charles III à Saint-Julien.Le duc finit par s’engager à laisser Genève en paix, àprendre sur lui les frais de la guerre et par hypothé-quer aux cantons la plus belle part de son héritage, ïePays de Vaud, en gage de l’observation du traité.(19 octobre 1530.)