LES CONFÉDÉRÉS APRÈS LA RÉVOLUTION RELIGIEUSE 79
le parti politique : Zurich refusait le passage aux mer-cenaires ; Berne l’accordait ; Bâle et Schaffhouse ne sebornaient pas à grâcier ceux de leurs ressortissants^ qui avaient pris du service à l’étranger, mais ellesétaient bien près de s’y laisser engager de nouveau.
Jetés entre les deux camps, les états mixtes avaientaussi la mission de les rapprocher, d’adoucir les frot-tements, de calmer les haines. Appenzell s’en tenait àla paix de 1529. Glaris avait bien sa landsgemeinderéformée et sa landsgemeinde catholique; mais sesmagistrats de confession différente étaient demeurésamis; les catholiques ne se faisaient point scrupuled’envoyer leurs fils à Zurich, puiser aux sources de lascience. Valentin Tschoudi continuait, quoique marié,d’être le ministre des deux cultes ; le même maîtred’école chantait à la messe et au prêche ; Brounner,pasteur à Bettschwanden, allait à Linththal faire l’of-fice pour les catholiques, trop peu nombreux pouravoir un prêtre.
Glaris offrait l’exemple de la tolérance, les Grisonsde la liberté religieuse. Nulle part la réforme n’avaitcausé moins de surprise que chez les ligues, où leslangues diffèrent comme les mœurs, où la communeest à la commune ce que, en Suisse, les cantons sontaux cantons. La dispute s’était assise à tous les foyers.Jeunes gens et vieillards avaient prêté l’oreille auxraisons des prêtres, à celles des prescheurs, et chacunavait suivi sa conscience ou son penchant. Sur la terredes contrastes, la liberté des cultes ne parut qu’uncontraste de plus. Ainsi prit rang parmi les privilègesde la Rétie des libertés la première, la sanction de