SITUATION INTÉRIEURE
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mort. Plus de cinq cents victimes furent livrées auxflammes, dans un court espace de temps, comme cou-pables d’avoir fait pacte avec le diable. Cependant nila peine du dernier supplice, prononcée à Paris, nicelle de l’exil, prononcée à Berne, contre les doctrinescartésiennes, n’avaient pu arrêter l’esprit humain danssa marche. La philosophie commençait à se montrer.Une chaire lui fut, en 1611, consacrée dans l’académiede Genève. Un nonce du pape étant venu à passer dansla ville de Calvin, Messieurs lui offrirent le vin d’hon-neur et le firent complimenter. La tolérance s’avan-çait, entre les égarements de l’orthodoxie et l’indiffé-rence, entretenue par les fureurs des partis.
Mêmes tendances dans l’Europe catholique. On bai-sait encore dévotement les pieds du pape, mais en luiliant les mains. Si toutefois l’église romaine avaitconservé quelque part son empire, c’était dans lesAlpes. On notait, à Lucerne, quiconque n’entendaitpas la messe tous les jours. Schwitz n’en crut pasmoins avoir de bonnes raisons pour refuser aux jésuitesla permission de s’établir sur son territoire. La seule lit-térature qui, dans ces cantons, fut payée d’estime, étaitcelle qui avait pour objet les vies des saints, l’histoiredes monastères ou celle des pèlerinages les plus fré-quentés. Quelques hommes y cultivaient, dans le si-lence, des sciences méconnues. Baptiste et RennwartCysat avaient hérité de l’amour de leur père pour depatientes études, et le léguèrent à leur neveu Léopold.Ab Yberg, abbé d’Einsiedlen, écrivit les Annales deSchwitz, tandis qu’un de ses conventuels, ChristopheHartmann, retraçait dans un latin élégant les destinées