190 GUERRE DES PAYSANS
main. Vainement Waser et d’Erlach s’efforcèrent de lespersuader, de fondre leurs alliances anciennes en unealliance nouvelle, tracée d’une main plus ferme et plusgénéreuse; ils envoyèrent ces propositions dormirdans la région des rêves, et ne s’accordèrent que pours’engager à secourir, à leurs propres frais, ceux d’entreeux qui auraient besoin d’assistance. (1654.) La co-médie de la Fronde venait de se fermer en France.,Louis XIV s’était montré au parlement dans sa ma-jesté, précédé des Cent-Suisses, qui avaient battu letambour jusqu’au milieu de la salle. Il avait fait lacé-rer les registres souillés par les arrêts de la révolte.Comme lui, les gouvernements suisses firent mettreen pièces la plupart des actes dont leurs communess’étayaient. Dès lors les honnêtes gens furent leshommes tranquilles, les pervers ceux qui conservè-rent quelque chaleur dans le sang. Les peuples furentcondamnés à attendre durant un long âge de voir selever le jour de leur avènement.
II
Guerre de Wilmergue.
1656 .
Affranchis des périls qui les avaient rapprochés, lescantons se retrouvèrent divisés par la religion. Lesdeux partis cherchèrent à se fortifier par des alliances.Les villes, ne pouvant plus tourner leurs regards versleurs coreligionnaires de France ou d’Allemagne, lesportèrent vers l’Angleterre et la Hollande, demeurées