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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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ALLIANCE AVEC LA FRANCE

un office dans le canton. (1765.) Tout blâme de cesactes fut jugé un crime. Il en fut ainsi jusqu’à ce quel’excès même de la passion ramena le calme dans lesesprits. Les magistrats que le peuple avait punis dansleur honneur furent alors, les uns après les autres,réhabilités. Pfeil, que ses intrigues avaient rendu mé-prisable, resta seul condamné à un perpétuel exil.L’orage passé, la landsgemeinde s’avoua qu’elle avaiterré, en s’arrogeant des fonctions qui étaient celles deses tribunaux divers, et elle les rétablit dans leursattributions spéciales.

Ces choses se passaient en Suisse alors que Frédéricle Grand soutenait contre l’Europe presque entière lalutte héroïque connue sous le nom de guerre de septans. (1756-1763.) Les Confédérés, combattant soustous les drapeaux, prirent à cette guerre une grandepart. On sait qu’à Rossbach, tandis que l’armée fran-çaise, mal commandée, cédait à la panique, les Suissesdemeurèrent seuls, comme à Ivry, sur le champ debataille, et que, admirant leur courage, les soldats deFrédéric suspendirent leur attaque jusqu’au momentoù les braves, ayant reçu l’ordre de la retraite, l’exé-cutèrent en bon ordre, couvrant la fuite des vaincus.L’art de la guerre fit, dans le cours de cette lutte, deremarquables progrès, mais auxquels la Suisse ne par-ticipa guère. Tout y était cantonal. Les officiers quisiégeaient dans les Conseils de guerre des cantons,habitués à la pratique des armées dans lesquelles ilsavaient servi, refusaient d’accepter des changementsque ces armées n’avaient pas subis. La réduction desquatre rangs de l’infanterie à trois, la modification de