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LA RÉVOLUTION
contre des Français, il n’eût pas été impossible de sefaire chemin, de rallier la multitude des mécontents etde remporter quelque avantage décisif; mais on lespartagea ; on marcha sur Lucerne, sur l’Argovie, surZurich; Lucerne fut pris, mais abandonné le soirmême; Zoug se rendit; les Glaronnais, après avoirfait à Wollerau une intrépide résistance, furent rejetésvers leurs foyers; resté seul, avec 4000 hommes de jgjSchwitz et d’Uri, en présence de Schauenbourg, Ré-*ding ne s’en disposa pas moins à défendre l’entrée du &pays de Schwitz, sur le champ de bataille où, cinqsiècles auparavant, ses ancêtres avaient combattu : iloccupa le Morgarten, Rothenthourm et la Schindel-legui.
Deux hommes d’église, le capucin Styguer et le curéd’Einsiedlen, Marianus Herzog, partageaient avec luila direction des esprits. Le curé se chargea de défendrele poste de l’Etzel, qui couvrait les derrières de la pe-tite armée, mais il ne s’y montra que pour exhorterses gens à rentrer à leurs foyers et pour livrer auxFrançais les chemins d’Einsiedlen et de Schwitz. Dece moment, la résistance devenait impossible. Rédingn’en combattit pas moins le 2 et le 3 mai. Sa haranguefut courte : « Nous ne fuirons pas, nous mourrons. »
Le 2, les Schwitzois, postés à la Schindellegui, firenttaire les feux de l’ennemi. Le 3, repliés sur Rothen-thourm, ils recommencèrent le combat. Des vieillards,des femmes, des jeunes filles, armés tant bien quemal, étaient accourus de toutes parts; on chargea à lacrosse, à la baïonnette; un quart d’heure après, lessoldats étrangers fuyaient en tous sens. Même succès