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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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LA SUISSE SOUS L’ACTE DE MÉDIATION 323

fendre contre l’Europe en armes. Aussi lorsque, dansle camp des alliés, les considérations militaires l’eu-rent emporté sur le désir de l’empereur de Russie defaire respecter les frontières de la Confédération, etlorsque l’entrée des coalisés fut devenue imminente,le général de Watteville crut-il, en licenciant sestroupes, et sacrifiant sa réputation même à l’intérêtde son pays, faire à la Suisse le plus grand sacrificequ’un homme d’honneur pût lui faire.

Le 21 décembre 1813, les alliés franchirent le Rhin,invitant les Suisses à s’unir à la sainte cause de l’af-franchissement des peuples de l’Europe. Tout en ma-nifestant l’intention de ne point s’immiscer dans lesaffaires intérieures de la Confédération, ils trahissaientle dessein d’y rétablir « l’ancien et respectable ordrede choses. » Avec eux marchaient des Suisses, qui lesavaient appelés. Au moment où les miliciens licenciésreprenaient tristement le chemin de leurs cantons, lesuns brisant leurs armes, tous indignés de n’avoir puse montrer dignes de leurs pères, ces membres d’an-ciennes aristocraties ne songeaient qu’au rétablisse-ment de la Confédération des treize cantons. Ils firentde Rerne le centre de cette réaction. Déjà des étran-gers s’y employaient. Un gentilhomme saxon, Senftde Pilsach, séjournait à Lausanne, où il avait reçuun accueil hospitalier. Sa femme, née de Werther,avait été élevée dans cette ville. Tous deux avaientscandalisé la société dans laquelle ils vivaient par l’ex-cès de leur admiration pour Ronaparte et les injures,souvent grossières, dont ils accablaient ses ennemis.Mais, à l’approche des alliés, changeant subitement