322 LA SUISSE sous l’acte de médiation
tion sans mesure aboutirait à une guerre contre laRussie, Laharpe avisait depuis longtemps Alexandre I erde s’y préparer quand, en 1812, les armées réunies del’occident européen envahirent l’empire des czars.Vint la nouvelle de l’incendie de Moscow, des reversde Napoléon, des souffrances des régiments suisses :toujours placés aux postes les plus périlleux, ils avaientcouvert la retraite de l’armée française, combattu àPolotsk, à la Bérésina, et perdu 6000 hommes sans selaisser enlever ni une aigle, ni un drapeau. Bientôtd’autres nouvelles succédèrent à celles de ces dé-sastres : les peuples se levaient et la puissance qu’onavait cru invincible commençait à chanceler.
L’orage approcha. Un homme, en ces circonstances,osa conseiller à la Suisse de se lever tout entière enarmes ; elle eût couvert la France sur la partie la plusexposée de ses frontières, et les puissances eussenttraité plus favorablement un peuple prêt à combattrepour ses foyers qu’une nation résignée au sort desvaincus. Mais le généreux conseil de l’avoyer de Mu-linen ne fut pas suivi. La Confédération avait à sa tête,en 1813, Reinhard, de Zurich, qui écarta la proposi-tion de l’avoyer de Berne comme trop périlleuse. Lescaisses étaient vides, les contingents la plupart inexer-cés. L’état-major faisait défaut. La diète, assembléeextraordinairement, se prononça pour le maintien dela neutralité, mais sans prendre les mesures que com-mandait cette résolution. Une armée suisse fut misesur pied, mais peu considérable. Le commandementen fut confié à un homme incapable de trahir sa patrie,mais à qui ne furent pas donnés les moyens de la dé-