ÉLABORATION D’üN NOUVEAU PACTE 331
sons, étaient définitivement réunies à la monarchieautrichienne.
Déjà les armées étaient entrées en campagne. Invi-tés à y prendre part, les Suisses se divisèrent. Bernevoulait marcher sur la France, Vaud se refusait à touteagression. La diète ne prit ni l’un ni l’autre parti. Elle: adopta un système défensif, mais pour le tourner contreBonaparte. Elle leva une armée de 40000 hommes,l’échelonna sur la frontière de l’ouest, et n’hésita pasà en confier le commandement à un adversaire deNapoléon, au général Bachmann. Cependant les alliésvoulaient davantage; ils demandaient le passage etl’accession à leur cause. Tous les cantons l’accordè-rent, sauf Bâle, placée sous le canon de Huningue, etVaud, qui n’estima pas que l’honneur lui permît designer cette convention. Son Grand Conseil la rejeta,unanimement, sans discussion, d’un vote silencieux,en même temps qu’il envoyait à Genève des armes,des troupes, et qu’il se disposait à ne rester en arrièred’aucun de ses Confédérés dans l’accomplissement deses devoirs envers la commune patrie.
Le 24 juin se répandit la nouvelle de la bataille deWaterloo. Les jours suivants, l’armée suisse reçutl’ordre de franchir la frontière française. Le vieux gé-néral qui la commandait n’avait pu contenir l’ardeurde son état-major, et il avait donné cet ordre sansmême attendre d’avoir reçu de la diète une approba-tion^qu’elle ne devait pas lui donner. Il prétextait desattaques journalières et la nécessité de mettre un termeà l’anarchie qui régnait dans le Jura. Trente millehommes, resserrés par les armées autrichiennes, s’a-