Band 
II Des commencements de la réforme a notre temps.
JPEG-Download
 

35 i LA SUISSE SOUS LE PACTE DE 1815

fraternité. Le prince était devenu l’un des plus grandsrois de l’Europe, et la république faisait chemin deson côté, s’inspirant des pensées d’un siècle nouveau.Neuchâtel avait pu prendre rang dans une confédéra-tion d’états; mais quand la Suisse, voulant sortir desa faiblesse, céda au besoin de se transformer enun état confédéré, des Neuchâtelois, les uns se mon-trèrent pressés de la suivre dans sa régénération, tan-dis que les autres s’appuyèrent plus que jamais surleur prince. La prudence conseillait au parti suissed’attendre, pour entrer en scène, que les Confédéréseussent accompli l’œuvre de leur transformation, maisson ardeur ne le lui permit pas. Le jour anniversairede la réunion du canton à la Suisse, 400 républicains,ayant le lieutenant Bourquin à leur tête, s’emparèrentdu château de Neuchâtel et y firent flotter l’étendardfédéral. (12 à 13 septembre 1831.) Obligée à inter-venir , la diète fit occuper la principauté, rendit lepouvoir au gouvernement légal, et refusa d’obtem-pérer aux instances des insurgés, qui la pressaient desoumettre au peuple la question de savoir s’il voulaitdemeurer « suisse et prussien. » Ce refus fut le motifqu’invoquèrent les républicains pour tenter un nou-veau soulèvement, dont les royalistes triomphèrentsans effort. (17 décembre 1831.) Condamnés à mort,les chefs du mouvement n’échappèrent à cette peineque par la clémence du roi, qui la commua en unedétention perpétuelle.