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LE PEUPLE SOUVERAIN 353
ramené l’ordre dans le pays. La diète, qui avait sanc-tionné la convention, conseillait cette mesure; maisBâle n’ayant accordé qu’une amnistie partielle, leschefs du mouvement, qui s’en virent exclus, se répan-dirent dans les cantons voisins, s’y firent de nombreuxamis et rallumèrent l’insurrection. Les citadins repri-rent, de leur côté, les armes ; mais ils ne tardèrent pas,cette fois, à se voir contraints à la retraite. (6 avril 1832.)Vainement la diète avait fait occuper Bâle-campagnepar des troupes fédérales; vainement elle s’efforça derétablir l’ordre de choses qu’elle avait sanctionné parson suffrage ; les campagnards ne cessèrent pas, dedemander une constituante ou leur séparation d’avecla ville. De guerre lasse, la diète laissa se fortifier laséparation.
Une tâche plus difficile encore lui restait à remplir.Longtemps deux affections s’étaient partagé le cœurdes Neuchâtelois : la fidélité à leur prince et l’amourde la patrie suisse. Longtemps ils les avaient conciliéestant bien que mal. On avait vu jadis, durant les guerresde la Fronde, le prince de Neuchâtel, Henri de Lon-gueville, prisonnier dans Vincennes, envoyer au capi-taine neuchâtelois Félix de Mar val, qui avait été chargéde monter la garde devant la prison, l’ordre d’obéir,parce que ce n’était pas comme sujet de son prince,mais comme Suisse, qu’il servait le roi de France.Dans les visites qu’il fit plus tard à ses bons amis dela Comté, Henri fut toujours le premier à porter lasanté de « la bonne patrie suisse. » Mais les tempsn’étaient plus où la monarchie et la république bu-vaient ensemble au pied du Jura, alliant la fidélité à la
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HIST. SUISSE, Il