HOUDARD DE LA MOTTE.
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« cier comme ces charmantes particules grecques, qui« ne signifient rien, mais qui ne laissent pas, à ce« qu’on dit, de soutenir et d’orner les vers d’Ho-« mère. »
Voici comment La Motte a été jugé par Duclos, soncontemporain ou à peu près :
« Quoiqu’il ait fait nombre de beaux vers, il est sûr« qu’à cet égard il était inférieur à Boileau et à J. B.« Bousseau ; mais il leur était fort supérieur par l’é-« tendue de l’esprit, et n’était pas, comme eux, ren-te fermé dans les bornes du talent. Il passait, dans son« temps, pour le meilleur écrivain en prose. Voltaire« n’avait encore écrit qu’en vers, et La Motte n’avait« pas cette vivacité de coloris ; mais, dans les matières« susceptibles d’analyse et de discussion, si Voltaire« est plus brillant, La Motte est plus lumineux. L’un« éblouit et l’autre éclaire. Ce n’est pas que je veuille« faire aucune comparaison de lui à Voltaire pour le« génie, les talents et le goût. Je ne parle ici que de ce« qui concerne le raisonnement. La Motte a beaucoup« perdu de sa réputation depuis sa mort ; mais il était,« de son temps, un des auteurs les plus distingués. Les« penseurs liront toujours avec plaisir ses discours et« ses Réflexions sur la critique. Ses odes, pleines d’es-te prit et d’une raison fine, leur plairont plus que celles« où règne un pompeux délire de mots, qu’on appelle« enthousiasme, et qui est si vide de sens et si froid.« Inès de Castro restera au théâtre. Ses opéras sont« estimés, et l’Europe galante le fait regarder comme« l’inventeur de l’opéra-ballet. Il faut oublier qu’il a