HENACLT.
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« Son siècle avait un tort qu’il lui a fait perdre, c’est« celui d’une érudition dénuée des lumières de la phi-« losophie ; en sorte que d’un siècle qui n’était que sa-« vant, il en a fait un vraiment éclairé. A ces deux« siècles en a succédé un troisième, où, loin d’adopter« les opinions des autres, on a peut-être un peu trop« affecté de ne puiser que dans son propre fonds, et« où l’ambition de ce que l’on appelle le bel esprit ,« a fait que l’on a abusé quelquefois du véritable. Pre-« nons garde que le dix-huitième siècle ne décrie« l’esprit, comme le seizième avait décrié l’érudi-« tion. »
Plus loin voici le portrait du cardinal de Retz :
« On a de la peine à comprendre comment un« homme qui passa sa vie à cabaler n’eut jamais de« véritable objet. Il aimait l’intrigue pour intriguer;« esprit hardi, délié, vaste et un peu romanesque,« sachant tirer parti de l’autorité que son état lui don-« nait sur le peuple, et faisant servir la religion à sa« politique ; cherchant quelquefois à se faire un mérite« de ce qu’il ne devait qu’au hasard, et ajustant sou-« vent après coup les moyens aux événements. Il fit« la guerre au roi, mais le personnage de rebelle était« ce qui le flattait le plus dans sa rébellion ; magnifi-« que, bel esprit, turbulent, ayant plus de saillies« que de suite, plus de chimères que de vues; dé-« placé dans une monarchie et n’ayant pas ce qu’il« fallait pour être républicain, parce qu’il n’était ni« sujet fidèle ni bon citoyen ; aussi vain, plus hardict^et moins honnête homme que Cicéron ; enfin, plus