CHAPITRE III.
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elle avait cessé de porter les armes d’Angleterre, etne s’était plus déclarée la rivale d’Élisabeth. Mais,en renonçant à la déposséder, elle avait visé à luisuccéder. C’était le but que lui avait proposé lordJames lorsqu’elle était retournée en Écosse et verslequel il n’avait pas cessé de la diriger. Voulant con-cilier l’affection qu’il devait à sa sœur avec le zèlequi l’animait pour sa croyance, lord James avait mistout en œuvre afin qu’une étroite amitié s’établît en-tre les deux reines et pût conduire plus tard les deuxroyaumes à vivre sous la même domination et sousla même foi.
Le 6 août 1561 , treize jours avant que MarieStuart débarquât à Leith, il avait écrit à Elisabethelle-même une lettre qui fait grand honneur à sesvues comme à ses sentiments. Elle atteste de sa partune loyauté parfaite, un jugement profond, un sagepatriotisme. Conseillant l’union affectueuse des deuxparentes, l’alliance inaltérable des deux couronnes,il disait à Élisabeth avec des paroles aussi judi-cieuses qu’aimables : « Vous êtes de tendres cou-» sines, toutes deux dans la fleur de l’âge, très-sem-» blables l’une à l’autre par d’excellentes qualités,>< auxquelles Dieu a départi libéralement tous les» dons de la nature et de la fortune, mais d’un sexe» qui ne vous permettra pas d’avancer votre gloire» par des guerres en versant du sang, et ne vous» permettra de l’accroître que par un règne de