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Tome Premier.
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CHAPITRE IV.

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que sa jalousie envers Cecil attachait à la cause deMarie, lui écrivait d’Angleterre *, de pardonner pourmieux régner. Ils la pressèrent l’un et l’autre d’êtremiséricordieuse dans l’intérêt de son pouvoir et deson ambition, afin de rallier à elle tous ses sujets,de ne laisser à Élisabeth aucun moyen de troublerson royaume, et de disposer les protestants eux-mêmes à favoriser ses droits en Angleterre.

Mais Marie était trop passionnée pour être aussipolitique. Elle ne se rendit pas à ces sages avis. Elleaima mieux poursuivre sa vengeance, et elle cédaaux suggestions de la cour de France et du car-dinal de Lorraine, qui avaient envoyé en ÉcosseRambouillet et Clernau pour porter à Darnley l’or-dre de Saint-Michel et communiquer à Marie laligue conclue entre les princes catholiques contre lacause protestante. Marie Stuart signa cette ligue 2 ,et, loin d’écouter J. Melvil, qui lui représentait qu’ilne fallait pas pousser les gens à l’extrémité de peurde les rendre dangereux, elle lui répondit en colère :« Je ne les crains pas. Qu’oseraient-ils ou que pour-raient-ils entreprendre 3 ? » Après avoir amnistié seu-lement le duc de Châtellerault, que la faiblesse deson caractère rendait peu redoutable, et avoir séparé

1 Mémoires de Melvil, t. I, p. 183 à 193. Lettre JeThrockmorton,

2 Tytler, t. VII, p. 18.

3 Mémoires <le Melvil, t. I, p. 181.