CHAPITRE Y.
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si vous aviez été ici, vous n’auriez pas souffertqu’on m’eût traitée si indignement 1 . » Murray pa-rut attendri. Mais le lendemain tous les conjurésréunis n’en délibérèrent pas moins sur ce qui leurrestait à faire. Ils semblèrent disposés à conférer lacouronne matrimoniale et le gouvernement duroyaume à Darnley, à compléter l’établissement duprotestantisme et à enfermer la reine dans le châ-teau de Stirling jusqu’à ce qu’elle eût approuvétoutes leurs entreprises 2 . Ce plan, que leur attribueMarie Stuart et qu’ils ne réalisèrent qu’un an après,fut alors déjoué par l’habileté de cette princesse etpar la faiblesse de Darnley.
Dans les conférences nombreuses et particulièresque la reine eut avec son mari, elle lui fit envisagerla misérable situation où il se placerait vis-à-vis deslords, s’il leur permettait de l’emporter sur elle, etle danger auquel il s’exposerait du côté des princesses alliés, s’il souffrait qu’on altérât encore davantage
1 Mémoires de Melvil , t. I, p. 199.
2 « In their council they thought it most expédient weshould be warded in our castle of Streviling, there to remainwhile we had approved in parlament ail tlier wicked inter*prizes, establisht their religion, and given to the king thecrown matrimoniall, and the haill government of our reaime:or else, by ail appearence, firmly purposed to hâve put usto death, or detained us in perpétuai captivity. » Lettre deMarie Stuart du 2 avril, dans Labanoff, t. I, p. 347.