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MARIE STUART.
l’état religieux du royaume 1 . Elle n’eut pas de peineà le gagner. Darnley était vain et faible, d’un espritambitieux et d’un cœur timide. Malgré les explica-tions dures et humiliantes que le mari et la femmeavaient échangées, ils oublièrent, Darnley l’injurequ’il prétendait avoir été faite à son honneur, Mariel’outrage que venait de recevoir sa réputation, laviolence qu’avait subie son autorité. Abandonnantses amis et ses projets, Darnley consentit à faire éva-der Marie Stuart et à la suivre.
Cette évasion ne pouvait s’effectuer qu’en trom-pant les autres conjurés. Aussi, dans la journée dulundi, Darnley leur annonça-t-il que la reine avaitla fièvre et était menacée d’un avortement si elle nechangeait pas d’air. Il assura en même temps qu’elleétait disposée à pardonner tout ce qui s’était passé, àleur confirmer ses sentiments de vive voix et à signerles actes qu’ils jugeraient nécessaires à leur sûreté.Les conjurés ne virent d’abord dans cette proposi-tion qu’une ruse qu’ils suspectèrent et dont ils en-gagèrent Darnley à se défier. Mais Darnley, ayantinsisté, conduisit Murray, Morton et Ruthven au-près de la reine. Marie leur dit alors qu’elle n’avaitjamais aimé le sang ni convoité les biens de sa no-blesse, et que, continuant à agir comme elle l’avaitfait depuis son retour en Ecosse, elle recevrait en
1 Lettre de Marie Stuart du 2 avril, dans Labanoff, t. I,p. 347, 348.