CHAPITRE V.
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l’audience qu’elle donna le lendemain à Melvil, ellele reçut avec un visage ouvert, en paraissant joyeusede l’événement qui l’affligeait et qui lui donnait unsuccesseur malgré elle. Elle le remercia de lui appor-ter une si heureuse nouvelle et « accepta, avecune gaieté apparente, d’être la marraine du jeuneprince ’. » Elle fit partir ensuite sir Henri Killegrevvpour aller féliciter de sa part la reine d’Ecosse, l’as-surer de son amitié et l’approuver dans sa conduiteà l’égard des meurtriers de Riccio, quelle avait néan-moins accueillis dans son royaume.
La naissance du prince d’Écosse ramena la ques-tion de la succession d’Angleterre. Melvil eut ordrede solliciter de nouveau Elisabeth à ce sujet. MarieStuart rapprocha même avec habileté Murray, Ar-gyle, Lethington 1 2 , de Bothwell, de Huntly, d’Atholet de l’évêque de Ross, dans l’espoir qu’ils auraientassez d’influence, les uns sur le parti protestant, lesautres sur le parti catholique en Angleterre, pourl’aider à obtenir ce qu elle recherchait si passionné-ment depuis tant d’années. Mais en même tempsqu elle réconciliait entre eux les principaux person-nages de son royaume, et qu’elle traitait avec faveurles lairds de Brunston, d’Ormiston, de Hatton, de
1 Mémoires de Melvil, t. I, p. 211.
2 Le 2 août, cinq mois après le meurtre, Lethington futpardonné et admis en présence de la reine. Cecit’s Abstract,p. 169.