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Tome Premier.
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CHAPITRE V.

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Darnley finit par avouer que la reine ne lui enavait pas fourni de sujet. C’était tout ce que vou-lait Marie Stuart. Elle avait arraché à son mari unedéclaration qui la justifiait et qui la laissait désor-mais sans reproche vis-à-vis de lui, soit qu’il partît,soit qu’il restât. Aussi dit-elle quelle s'en contentait 1 .

Après cette entrevue, qui n’avait pas répondu àl’attente de Darnley, et dans laquelle il n’y avait euaucune sincérité des deux parts, puisque le roi n’a-vait pas voulu avouer les causes de son méconten-tement, et que la reine n’était pas disposée à les fairecesser, ils furent ensemble plus mal que jamais. Letriste et inconsidéré jeune homme, qui ne savait nisupporter son sort ni s’y soustraire, qui avait perdul’affection de la reine, allumé ses ressentiments, mé-rité ses mépris par des goûts grossiers, des prétentionssans habileté, des hauteurs sans énergie, des projetssans suite, une odieuse participation au meurtre deRiccio et le lâche abandon de ceux qu’il avait excitésà le commettre, se sépara froidement de Marie et re-partit pour Stirling en lui disant qu’elle ne le verraitpas de longtemps 2 . Il lui écrivit de là que ses mo-tifs de quitter l’Écosse n’étaient que trop réels, et il

1 Labanoff, t. I, p. 376, 377.—• Keith, p. 349.

2 « S y est que, en ce desespoir, sans occasion comme ildéclara, il s’en alla et dist adieu à la royne, sans la baisé,l’asseurant que Sa Majesté ne le verroit de longtemps. » DuCroc, ibid., dans Labanoff, t. I, p. 377.