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MARIE STUART.
Lethington porta la parole en leur nom. Il rap-pela à la reine les graves et intolérables offensesquelle avait reçues de son mari, insista sur l’ingra-titude qu’il avait montrée envers elle et sur les tortsdont il continuait à se rendre coupable chaque jour.Puis il ajouta que, s’il plaisait à Sa Majesté de par-donner au comte de Morton, aux lords Ruthvenet Lindsay, ceux-ci sauraient bien trouver, avec lereste de la noblesse, le moyen de la séparer parun divorce de son mari, de façon qu’elle n’eûtplus rien à démêler avec lui. Cette proposition nela surprit pas. Elle y consentit d’abord sous la dou-ble condition que le divorce serait légal et qu’il neporterait aucun préjudice aux droits de son fils 1 .Mais le divorce n’était pas aisé à obtenir, puisqu’ilfallait ou faire valoir le degré de consanguinité ausujet duquel le pape avait donné une dispense, oubien intenter à Darnley un procès en adultère, ouencore le poursuivre pour crime de trahison.
Ces difficultés ne pouvaient pas échapper à Marie,qui se serait exposée aux lenteurs d’une négociationincertaine ou aux scandales d’une procédure odieuse.Aussi fut-elle saisie de scrupule, et, dans son ennui,elle parla de se retirer en France et de laisser en EcosseDarnley, qui, disait-elle, se corrigerait peut-être 2 .Mais Lethington lui répondit que les lords de son
1 Ibid., clans Anderson et dans Keilli. — 2 Ibid.