322
MARIE STUART.
peuples, « et plustot que cela vous avienue, disait-elle dans son langage incisif, je vous souhaiterois unesépulture honorable qu’une vie maculée... Je prie leSeigneur de vous inspirer à faire ce qui vous seraplus à honneur et à vos amis plus de consolation 1 2 . »
Marie Stuart n’accéda ni à la juste requête deLennox ni au prévoyant conseil d’Elisabeth. Ellevoulut que tout se passât comme Bothwell * l’avaitarrangé avec ses amis. Au jour fixé, le 12 avril, lesassises s’ouvrirent dans la maison du Tolbooth oùsiégèrent des jurés nobles, qui étaient pairs deBothwell et qu’on avait choisis parmi ses partisans 3 .Le tribunal, que présidait, comme lord haut jus-ticier héréditaire, le comte d’Argyle, l’un des ad-hérents au meurtre, était gardé par deux centsarquebusiers, et quatre mille hommes armés occu-paient les places et les rues d’Edimbourg 4 . Les offi-ciers de la couronne étaient gagnés ou intimidés.Il n’y avait pas de témoins. L’accusateur, le comte
1 Lettre d’Élisabeth à Marie Stuart du 8 avril 1567, ex-traite du St. Pap. Off. par Robertson, et insérée dans lespièces justificatives du second volume de son histoire, Ap-pendice n° XIX.
2 Tytler, t. VII, p. 98, et Anderson, t. I, p. 50.
3 Les noms sont dans Keith, p. 377.
4 Drury à Cecil, 15 avril 1567, au Stat. Pap. Off., et dansTytler, t. VII, p. 97, 98. — Les lettres de Drury du 15 avrilsont imprimées dans Tytler, Proofs and illustrations dut. VII, p. 451 à 455.