336
MARIE STUART.
Saint-André, qui obtint pour prix de sa complai-sance la restitution de ses droits consistoriaux, etdevant le commissariat ou la cour ecclésiastique despresbytériens 1 . Les deux juridictions de l’ancienneet de la nouvelle Eglise y consentirent, l’une pourla catholique Jeanne Gordon, l’autre pour le pro-testant Bothwell, et le divorce 2 fut prononcé le3 mai. Ce jour-là Marie Stuart revint de Dunbar àEdimbourg. En entrant dans la ville, Bothwell pritrespectueusement la haquenée de la reine par labride, et ses soldats jetèrent leurs lances à terrecomme pour prouver que Marie Stuart était entiè-rement libre, et que Bothwell n’était que son servi-teur obéissant et désarmé. La reine, de son côté,déclara quelle pardonnait à Bothwell, et annonçal’intention de l’épouser 3 .
Bien qu’on s’y attendît,, on n’en fut pas moinsindigné. L’Eglise réformée reçut l’ordre de publierles bans du mariage, et elle s’y refusa. En l’absencede Knox, qui avait quitté l’Ecosse depuis le meurtrede Riccio, Craig, un des principaux ministres pres-bytériens, allégua que la reine passait pour êtrecaptive, et que d’ailleurs cet ordre ne lui avait pasété donné par écrit. Alors arriva le clerc de justice,
1 Tytler, t. VII, p. 110.
2 Voir la sentence de divorce dans Robertson, Pièces jus-tificatives du t. II, n° XX. — Male. Laitig, t. I, p. 85, 86.
* Anderson, vol. II, p. 267. — Male. Laing, t. I, p. 87.