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MARIE STUART.
bien qu’elle aimoit son plaisir et à passer son temps,aultant que aultre du monde *. »
Marie, tourmentée par Bothwell, mais éprise delui, entreprit de le faire reconnaître comme sonmari par les cours étrangères. Elle envoya l’évê-que de Dumblane à la cour de France et à la courde Rome, avec une apologie assez adroite de sonnouveau mariage. Ce mariage, disait-elle, avait étérendu inévitable par le vœu écrit et pour ainsi direunanime de la noblesse d’Ecosse ; il trouvait sa rai-
1 Dans une lettre de Du Croc à Catherine deMédicis,Edimbourg, 17 juin 1567. J’avais publié en mai 1848 cettedépêche, qui est tirée du vol. 218 des Manuscrits Saint-Ger-main Harlay à la Bibl. nat., et qui vient d’être impriméedans Teulet, Pièces et documents relatifs à thistoire d’Écosse,t. II, p. 170. — Des vers de Marie Stuart, trouvés avec seslettres et ses contrats de mariage dans la fameuse cassetted’argent, expriment éloquemment ses plaintes à cet égard:
Et vous doutez de ma ferme constance,
O mon seul bien et ma seule espérance,
Et ne vous puis asseurer de ma foy.
Vous m’estimez légère que je voy,
Et si n’avez en moy nulle asseurance,
Et soupçonnez mon cœur sans apparence,
Vous défiant à trop grand tort de moy.
Vous ignorez l’amour que je vous porte,
Vous soupçonnez qu’autre amour me transporte,
Vous estimez mes paroles du vent,
Vous dépeignez de cire mon, las, cœur,
Vous me pensez femme sans jugement,
Et tout cela augmente mon ardeur.
(Voir 1Mémoires de F Estât de la France sous Charles IX, t. I, p. 170, etAnderson, t. II, p. 120.)