MARIE STUART.
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veillée de plus près, de peur qu’elle 11e s’adressât auxsouverains étrangers pour réclamer leur appui ouqu’elle ne concertât son évasion avec les amis qu’elleconservait en Ecosse. Elle ne pouvait écrire que du-rant les repas ou le sommeil de sesjjardiens, dont lesfdles couchaient même auprès d’elle 1 . Mais toutesces précautions devaient être insuffisantes. Sa beauté,sa grâce, ses malheurs exerçaient un irrésistible pou-voir sur ceux qui l’approchaient. L’un des fils deMarguerite Erskine, George Douglas, frère utérindu régent, se laissa gagner à sa douceur et toucherpar ses afflictions. Bientôt même épris de la sédui-sante prisonnière, qui ne découragea point ses espé-rances 2 , il résolut de la délivrer. Une première fois,trompant la surveillance de sa mère, il fit sortirMarie Stuart du château sous les vêtements de lablanchisseuse qui lui apportait son linge à Lochle-
1 « Je suis guestée de si près, que je n’ay loisir que du-rant leur diner, ou quand ils dorment, que je me reslesve :car leurs filles couschent avecques moy, » Marie Stuart àCatherine de Médicis, Lochleven , 1 er mai 1568. Labanoff,t. II, p. 69. — « Je n’ai ni papier, ni temps pour écrire da-vantage , sinon prier le roi, la reine et mes oncles de brûlermes lettres; car si l’on sait que j’ai écrit, il coûtera la vie àbeaucoup et mettra la mienne au hasard, et me fera garderplus étroitement. » Marie Stuart à l’archevêque de Glasgow,Lochleven, 31 mars 1568. Labanoff, t. II, p. 66.
2 Drury à Cecil, 3 avril 1568, dans Keith, p. 469.