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Tome Premier.
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MARIE STUART.

3 .

Ou ces sombres valléesOù je vois maintes-foisLes fleurs écheveléesSauteller sous mes doits?Ou les déserts repairesDe ces lieux solitaires,Qui seuls sont secrétairesDe mes piteux regrets?

4 .

Hélas, non ! car la playeCherche en vain guérison,Qui pour secours essayeAux choses sans raison.

Il vaut mieux que ma plainteRaconte son atteinteAmèrement,

A toi qui as contrainteMon ame en tel tourment.

O Déesse immortelle,

Escoute donc ma voix ,

Toy qui tiens en tutelleMon pouvoir sous tes loix.

Afin que si ma vieSe voit en bref ravie,

Ta cruautéLa confesse périePar ta seule beauté.

7 .

Ces flots qu’on voit descendre,De ces rochers icy,

Te pourroient bien apprendreL’horreur de mon soucy ;

Yeu que l’un d’amitiéSe fend par la moitié :

L’autre courant,

Avec moy de pitié

Par les champs va mourant.

6 .

L’on voit bien que nia faceS’écoule peu à peu ,Comme la froide glace *

A la chaleur du feu.

Et néantmoins la flàme,Qui me brûle et enflâmeDe passion,

N’émeut jamais ton ameD’aucune affection.

8 .

Ces buissons et ces arbresQui sont entour de moy,Ces rochers et ces marbresScavent bien mon émoy.Bref rien de la natureN’ignore ma blessure ;

Fors seulement,

Toy qui prens nourritureEn mon cruel tourment.

9 .

Mais s’il t’est agréableDe me voir misérableEn tourment tel,

Mon malheur déplorableSoit sur moy immortel 1 .

* Mémoires de Michel de Castelnau, deux vol. in-folio. Bruxelles, 1731, t. I,p. 549 et 550.